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Bibliotheca khmerica

Article taken from the French newspaper "Cambodge Nouveau" published on December 2007. Available in .pdf here. This article deals with the digitization of the Khmer old books available on the website of the National Library of Cambodia. The digitization has been done by the IT Company KhmerDev.

BIBLIOTHECA KHMERICA

L’idée de cette Bibliotheca khmerica est de mettre à la disposition du public une quantité de livres anciens sur le Cambodge, écrits pour la plupart entre 1872 et 1937 et dont la Bibliothèque nationale possède des exemplaires originaux. Il s’agit de titres que l’on voit mentionnés, cités dans les livres écrits depuis, mais qu’on ne lit plus guère, ou plus du tout, faute de les trouver facilement.

Grâce à Valease, fonds de Valorisation de l’écrit dans le Sud-Est asiatique, dirigé par Jean Jacques Donard, ces ouvrages souvent abîmés, fragiles, tachés par l’humidité, ont été photographiés, nettoyés page par page par Khmer Dev. Ils sont maintenant sauvés et accessibles: par un site payant de la BNC (www.nemty.fr), et gratuitement sur place avec le serveur local de la BNC; 400 ouvrages sont numérisés, ainsi que 12 000 pages de revues anciennes, en langues française et khmère. La recherche se fait par mot clé sur l’ensemble du texte du livre et sous forme de livres cartonnés. Une centaine sont déjà réalisés; la livraison, sur commande, commencera en décembre. Cette collection comptera environ 400 titres, et continuera à s’enrichir par la suite pour constituer une « bibliothèque i déale » de livres sur le Cambodge.

La présentation officielle de la Bibliotheca khmerica a eu lieu à la Bibliothèque nationale le 15 novembre, en présence de l’ambassadeur de France M. Jean-François Desmazières, du secrétaire d’Etat à la Culture M. Touch Sarou, de M. Hun Sarin directeur du Livre et de la Lecture au ministère de la Culture, d’autres personnalités et d’une nombreuse assist ance.

Citons quelques-uns de ces auteurs réédités (plusieurs ont été «chroniqués» par c.n. au cours des années passées): Louis Delaporte («Voyage au Cambodge; de l’architecture khmère»), Jean Moura («Le Royaume du Cambodge», 2 tomes), Auguste Pavie (Sanselchey, conte cambodgien»), Adhémard Leclère («Les Codes cambodgiens», 2 tomes, «Recherches sur les origines brahmaniques des lois cambodgiennes »), Roland Meyer («Cours de cambodgien», 3 tomes), Georges Coedés («Un grand roi du Cambodge», «Inscriptions du Cambodge»), Etienne Aymonnier («Dictionnaire khmer-français»), Loys Pétillot («La pêche et les poissons »), Charles Carpeaux («Les ruines d’Angkor de Duong- Duong et de My-son»), Victor Goloubew («L’hydraulique urbaine et agricole à l’époque des rois d’Angkor»), Rose Quaintaine («Quinze jours au pays des rois Khmers»), Adrien Pannetier («Au coeur du pays khmer») … Liste non exhaustive: lorsque tous les volumes auront été traités, elle c omptera environ 400 titres.

A côté des auteurs et des titres qui ont acquis un certain renom, qui ont de bonnes chances de retrouver des lecteurs, ces rééditions en font apparaître d’autres, tombés dans l’oubli: recherches laborieuses, travaux minutieux qui ne pouvaient rapporter à leurs auteurs ni la gloire ni la fortune, comme «L’immatriculation foncière de la propriété individuelle » (René Morizon), «La pêche et les poissons» (Loys Pétillot), «Astronomie cambodgienne» (Félix Gaspard Faraut), «Code civil de 1938», «Loi portant sur les collisions maritimes», «Registre pour la navigation fluviale», «Journal judiciaire cambodgien 1923—1929», « Lexique du Reamer », et un très insolent, très agressif ouvrage du colonel F. Bernard «A l’école des diplomates le perte et le retour d’Angkor » que Cambodge Nouveau chroniquera prochainement. Les travaux de ces auteurs anciens, explorateurs à la curiosité universelle, écrits, dessins, gravures, photos…, constituent une immense mine d’informations qui sans eux, en l’absence d’archives purement khmères, seraient perdues: coutumes anciennes, textes religieux, légendes, astronomie, droit et justice, langues, vie rurale, médecine, faune et flore, archéologie, histoire ... On est parfois frappé par leurs observations, toujours justes aujourd’hui. Un exemple: Henri Mouhot, débarquant en 1859 à Kampot, admire le site, observe que les Cambodgiens ne cultivent que du riz, qu’ils ont de beaux arbres dont les Chinois font des mats pour leur jonques, et qu’ils devraient diversifier leurs cultures. On dit à p eu près la même chose aujourd’hui.

La Bibliotheca khmerica est distincte de Cambodiana, créé par Valease en 2005. Cette base de données qui apparaît sur le site de la bibliothèque nationale www.bnc-nlc.info comporte 2500 notices descriptives et résumés de livres, environ 150 biographies d’auteurs, 180 notes de lecture, 1500 images, plans, cartes, relevés d’architecture, portraits inédits des auteurs, planches hors texte, tableaux divers, réclames, encarts, … notamment la reproduction en haute résolution, par Philippe Bataillard, de quelque 600 gravures a nciennes, présentées en novembre 2005 (cn 236).

A Cambodiana 1 s’est ajouté en 2006 Cambodiana 2, BDD multimedia, banque d’images qui marquait un nouveau progrès: «En cliquant sur le titre ou sur le nom de l’auteur d’un livre, on obtiendra d’un coup sa fiche descriptive, un résumé, un commentaire, et les illustrations qu’il contient » écrivait J.J. Donard en août 2006 dans cn 244. On a maintenant à disposition avec la bibliotheca khmerica l’ensemble numérisé des livres sélectionnés, textes, illustrations, avec des notices, résumés, bibliographie des auteurs, commentaires ...

On peut rappeler que la Bibliothèque nationale du Cambodge a été fondée par Paul Boudet en 1924. Que les Khmers rouges, contrairement à une idée répandue, n’ont pas tout détruit, brûlé ou pillé, mais plutôt laissé à l’abandon, à la pluie, aux insectes, à la poussière, et aux voleurs. «Il reste environ 80 % du fonds, nous disait en 1995 Christiane Pasquel-Rageau, bibliothécaire et archiviste, qui entreprenait alors le sauvetage de la bibliothèque. Environ 18 000 titres seront utilisables, c'est-à-dire un peu plus de la moitié du fonds initial » (cn 34). c.n.

 
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